Quand la France étonne.

Exclamation 3 Polaroïd

 

Sunday PRESSE / 11

French Touch et info citoyenne

La France sous ordonnances… « (…) Aujourd’hui, notre pays rend plus difficile les investissements étrangers ou refuse leurs visas à des centaines de milliers de talents de pays émergents. Tout le contraire de ce que font les autres. Cet appel (celui de huit organisations patronales à François Hollande et s’inquiétant du déclin de la France) s vaut aussi pour ses signataires. Car nos entreprises, sauf celles qui affrontent le marché mondial, sont aussi conservatrices que l’État, les syndicats, les régions et les autres détenteurs de rente. Qu’attendent-ils, eux, entrepreneurs, pour innover, inventer des produits nouveaux, réinvestir leurs profits ? ! Qu’attendent-ils pour former les chômeurs et investir dans le durable ? Trop d’entre eux s’accrochent encore à leurs rentes. Depuis trente ans, ce repli a énormément abîmé la marque de la France. Trop d’entreprises n’ont pas pris conscience que si elles ne changent pas, elles seront balayées par le grand vent de la concurrence. Et la France avec elles. (…) Il faudrait aussi revenir sur la duré du mandat du président de la République, ramenée de sept à cinq ans. Avec un mandat de cinq ans, on ne peut pas penser à long terme. Il faut supprimer les départements et boucler la réforme territoriale pour créer des régions plus vastes et mieux dotées en moyens. Il faut orienter les 32 milliards annuels de la formation vers nos 5 millions de chômeurs. Nous devons réformer le droit au logement en transférant les permis de construire des maires vers l’État. On doit lancer un grand plan d’investissement en Europe axé sur les programmes de haute technologie. Enfin, il faut basculer une grande partie des charges sociales sur la TVA. Tout cela peut se faire très vite par ordonnances et produire des effets dès 2015.

Jacques Attali, interview de Bruna Basini, Le JDD, 29 juin 2014, n° 3520.

La France, c’est cool « (…) On engage la discussion avec Jordan Crook, journaliste de Tech-Crunch, site de référence en matière de numérique. De son point de vue, la France se porte très bien. « Elle est synonyme de produits de qualité, même dans le numérique. Ça se ressent jusque dans ce genre d’événement (French Touch à Manhattan), c’est classe. Nous, les jeunes Américains, on perçoit la France et l’Europe comme un endroit cool, ce qui s’y passe  nous intéresse. »

Iris Derœux, Libération, 28 & 29 juin 2014, n° 10300.

La belle France par procuration « (…) En quoi le succès final d’une équipe plaiderait-il, dans une société métissée, pour la valeur éminente de sa « race » ou de sa culture ? Voilà qui est bien étrange et qui renvoie aux replis les plus secrets du cerveau reptilien. Le fait est là : dans la société du spectacle, nous pensons, nous sentons, nous vivons de plus en plus par procuration. Il paraît que c’est bon pour le moral. Voilà qui est bien mystérieux. Et il me semble entendre dans Élysée François Hollande murmurer : « Puisque ces mystères nous échappent, feignons d’en être les organisateurs. »

Jacques Julliard, Marianne, 27 juin 2014, n° 897.

Le made in France cartonne « (…) Alors, noir, c’est noir ? Non, il reste de l’espoir. Pendant que les penseurs du repli squattent les plateaux télé, leur « identité malheureuse » en bandoulière, l’étranger chante plus fort que jamais le « génie français ». Il suffit de lever le regard par-delà la ligne bleue de l’Atlantique pour constater à quel point le Français est une denrée qui voyage bien. Et le made in France, une marque qui cartonne hors de nos frontières. Les incantations de l’homme à la marinière n’y sont sans doute pas pour grand-chose. Il n’empêche que les couleurs tricolores flottent de plus en plus haut sur la planète entière. Car la mondialisation, ce ne sont pas que des emplois qui se délocalisent dans des pays à bas coût, ce sont aussi des talents qui s’exportent. Pour forcément pour fuir le joug du fisc ou l’ennui suscité par l’état d’esprit de ce que Philippe Sollers appelait la « France moisie », mais tout simplement parce que les compétences de nos chercheurs, entrepreneurs ou artistes séduisent les défricheurs étrangers à l’affût de nouveaux talents. Alors aux secteurs traditionnels du succès « bien de chez nous » – luxe, mode, gastronomie ou littérature – se sont ajoutés de nouveaux champs, médecine, design, business ou art contemporain.

Renaud Dély, Nouvel Observateur, 26 juin 2014, n° 2590.

L’info spectacle en continue tue-t-elle la réflexion ? Nourrit-elle le populisme ? « (…) Alors, quoi ? On éteint sa télé, on ferme son journal, on fait le mort ? Mariette Darrigrand, sémiologue auteure de Comment les médias nous parlent (mal) préconise plutôt de promouvoir une nouvelle fonction du journalisme : le « word checking ». À la manière des rubriques entièrement consacrées à la vérification des chiffres et des faits (« fact checking »), ce décryptage des discours pousserait les journalistes à interroger les formules prêtent à l’emploi que les politiques livrent, et les mots qu’eux-mêmes utilisent. Une façon, selon elle, de redonner du sens au langage et de l’air à la démocratie. Christian Salmon (auteur de La cérémonie cannibale. De la performance politique et de  Storytelling. La machine à fabriquer des histoires à formater les esprits), lui, suggère carrément de reprendre le pouvoir. « Au début des années 1980, le refus du contrôle des médias était une idée révolutionnaire, affirme-t-il. Aujourd’hui, c’est le contraire. La véritable révolution serait une reprise en mains. Pas par l’État, évidemment, mais par les citoyens. » Alléchant programme, qui pourrait revivifier la mise en scène de l’info et rendre la complexité du monde passionnante. Mais sa mise en œuvre reste entièrement à imaginer. Avec, d’ores et déjà, une mise en garde : le quatrième pouvoir ne se laissera pas facilement réformer.

Lucas Armati, Télérama, 25 juin 2014, n° 3363.

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